Sécurité des passages à niveau : Faut-il ne s’occuper que de la route ?

La caméra de surveillance a filmé la scène. Un camion en convoi exceptionnel est bloqué sur les voies. Impossible de franchir le passage à niveau. Le chauffeur courre le long du quai, affolé. Très vite, il s’en retourne vers sa remorque. Un pompier l’accompagne et courre avec lui tant qu’il peut. Dans quelques secondes, le train sera là, impossible de faire quoi que ce soit. Le choc est effroyable. Le convoi est pulvérisé, le train déraille. Encore un « accident de passage à niveau ».

Cette scène, nous l’avons vue dans l’émission « envoyé spécial » le 8 novembre sur France 2 dans une énième émission sur le sujet, suivie comme il se doit d’un débat : à qui la faute ? comment supprimer les passages dangereux ? Dans quel délai ? Pour quel budget faramineux ? Les automatismes fonctionnent-ils toujours bien ? La visibilité est-elle suffisante ? Tant de questions qui sont venues dans trop de débats sur le sujet sans que la sécurité de ces croisements rail-route ne soit définitivement assurée.

La SNCF, bien évidemment étudie les pistes pour améliorer la sécurité1. De fait, la politique sécurité de SNCF Réseau porte essentiellement sur ce qui pourrait changer la conduite des automobilistes. Mesures de prévention, sanctions, équipements de détecteurs – radars de franchissement en particulier. Dans les intentions déclarées, il s’agirait de « mener des études et des expérimentations pour trouver de nouvelles solutions d’amélioration de la sécurité telles que :

– équipement de tous les passages à niveau automatiques de feux à diodes pour améliorer la visibilité,

– indication « barrière cassable » sur l’intérieur des barrières afin d’éviter les collisions mortelles avec des véhicules bloqués sur les voies,

– mise en place de détecteurs d’obstacles,

– réalisation d’études de comportement des usagers

Mais, curieusement, ces orientations ne concernent que le comportement routier sans qu’un dispositif ne soit envisagé pour traiter du côté train un incident au moment où il commence à se produire.

Il est vraiment étonnant que des dispositifs simples qui, à l’heure du numérique et des objets connectés ne poseraient aucun problème technique ne permettent pas à un conducteur du train de voir ce qu’il en est de la voie à plusieurs kilomètres de l’endroit où le train se trouve. Alors que l’on risque d’attendre longtemps la mise en place d’aménagements coûteux, on pourrait rapidement concevoir des aménagements tels que :

– Une caméra pour surveiller chaque passage, et dans la cabine de chaque train, un écran qu’un GPS connecterait sur cette caméra à l’approche du prochain passage à franchir, ce qui laisserait quelques kilomètres de réaction en cas de problème.

– Une poignée d’alarme au passage à niveau, reliée à un centre de contrôle accessible par ailleurs à tout public par un numéro de téléphone dédié, centre qui bien entendu aurait la possibilité de correspondre en direct avec tout conducteur.

Il est vraiment étonnant que des dispositifs aussi abordables actuellement ne soient pas mis à profit pour améliorer la sécurité des passagers et des automobilistes avant que d’importants travaux en viennent à réduire autant que faire se peut le nombre de lieux accidentogènes.

1/www.securite-passageaniveau.fr/pages/la-politique-securite-de-sncf-reseau

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